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Précarité alimentaire
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Ce support présente aux collectivités territoriales des axes d’actions diversifiés pour une transformation en faveur d’une alimentation solidaire, raisonnée et participative.

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Contexte de la thématique

Depuis la loi dite « EGAlim » du 30 octobre 2018, la lutte contre la précarité alimentaire est définie à l’article L. 266-1 du Code de l’action sociale et des familles. Cette définition, qui place cette politique dans le champ de la lutte contre la pauvreté et les exclusions, fixe un objectif : favoriser l’accès à une alimentation sûre, diversifiée, de bonne qualité et en quantité suffisante aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale2. 

  • 335 000 tonnes d’aide alimentaire ont été distribuées en France en 2018  
  • 5,5 millions de personnes touchées (en 2019) 
  • 200 000 bénévoles associatifs (en 2018) 
  • 9,3 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté, soit 14,7% de la population française (INSEE, 2019)  
  • 31,3% des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté ainsi que 7,6% des retraités (INSEE, 2019) 

La précarité alimentaire est liée à la pauvreté, les femmes représentent la plus grande partie des bénéficiaires (en 2016, 52,4 % et les enfants, 35 %).  Les enfants issus de familles défavorisées mangent moins à la cantine (40%) que les enfants issus de familles de catégories socioprofessionnelles supérieures (17%). L'obstacle économique est le premier motif évoqué par les familles qui n'inscrivent pas leur enfant à la cantine de son établissement[3].

La crise sanitaire a amplifié le recours de l’aide alimentaire sur le territoire. Le public bénéficiaire a évolué au cours de cette dernière année, la Croix-Rouge indique qu’il « s’agit principalement de chômeurs, de travailleurs intérimaires ou de travailleurs pauvres, de personnes en situation de grande exclusion, d’étudiants, de travailleurs indépendants et de commerçants ». La crise sanitaire a fragilisé sur le plan social et économique des personnes qui se situaient dans une situation de fragilité.

La création, en 2014, du Fonds Européen d’Aide aux plus Démunis (FEAD) a ajouté à l’aide alimentaire et/ou une assistance matérielle de base aux plus démunis l’accompagnement de mesures d’intégration sociale. Son règlement précise que « le Fonds favorise la cohésion sociale, renforce l’inclusion sociale et, à terme, participe donc à l’objectif d’éradication de la pauvreté dans l’Union ».

La difficulté d’accès aux denrées alimentaires engendre « des problèmes graves de santé physique et mentale et la perte de l'espoir de pouvoir s'en sortir ».

Par ailleurs le gaspillage alimentaire, qui représente chaque année en France près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable gaspillées, soit l’équivalent de 150 kg/hab./an, a participé à la prise de conscience de la population de la pollution engendrée par la production de masse. 

Au-delà d’une réponse à une aide d’urgence, cette fiche se propose d’appréhender cet enjeu de justice sociale en articulant la qualité de l’alimentation, son lien avec la réinsertion professionnelle, la transition écologique et le développement des territoires via l’exploitation des ressources locales. 

Pertinence du thème 

La lutte contre la précarité alimentaire ambitionne d’intervenir dans différents domaines impactant la vie quotidienne des habitants (se nourrir en quantité suffisante, partager des moments conviviaux autour de techniques de cuisine, devenir acteur de son environnement en s’occupant de son potager, d’un jardin ouvrier ou partagé…) tout en développant des circuits courts et responsables grâce à l’instauration d’un partenariat local entre les agriculteurs, les institutions, les associations et les habitants / bénéficiaires (épicerie sociale et solidaire, AMAP, circuit court pour la restauration collective…).   

Ce champ d'intervention regroupe de nombreuses thématiques (la santé, l’accès à l’alimentation raisonnée, le développement durable, l’économie locale, le lien social, l’insertion professionnelle…), de nombreux acteurs (les bénéficiaires des colis ou dons alimentaires, les bénévoles, les associations, les agriculteurs, les grandes surfaces, les institutionnels, les professionnels de la santé et de la restauration…) qui peuvent s’articuler autour d’un projet commun et de territoires. Ces projets peuvent à minima relever de l’assistance (distribution de colis ou de bons alimentaires) pour permettre le développement d’une autonomie financière (aides financières non fléchées) tout en se colorant plus ou moins d’un accès à une alimentation saine, équilibrée et responsable (cuisiner des produits de saison, fonctionner en circuit court, accéder à une épicerie solidaire…). 

Voici quelques axes de travail conçus, là encore, comme des sources d’inspiration pour les territoires, dont les projets concrets restent à définir par les acteurs locaux, dans une logique de transferts de compétences et de développement de lutte contre la précarité alimentaire et de développement durable:  Bien se nourrir est devenu un enjeu majeur pour les citoyens, surtout lorsqu’il s’agit de relocaliser la production agricole et se favoriser les circuits courts. Les AMAP, les épiceries solidaires, l’agriculture urbaine, les cantines 100% bio et local constituent autant d’exemples de projet alimentaire territorial partagé.